Prologue
Je m’appelle Zalmina et aujourd’hui j’ai 15 ans. Pour célébrer, mes parents m’ont amené au fameux Hôtel Arquanzia ! C’est un lieu magique où il y a tellement à apprendre. Ce matin on a visité un truc qui s’appelle l’AquaZone, un supeeerrr long tuyau de verre qui passe dans l’aquarium, ça nous a permis de voir SOUS un poisson. C’était incroyable. Notre présence n’est pas un hasard. Ça fait des années que je fais des calculs et que j’implore mes parents de venir ici pour mon 15e anniversaire, parce que l’Hôtel regroupe des gens de tous les horizons.
Mais là, il est 21 heures et aujourd’hui c’est la Nuit Noire, une Nuit spéciale qui arrive une fois par année durant laquelle toutes les étoiles du ciel disparaissent, et le ciel reste vide jusqu'au matin. La tradition veut que durant la nuit noire, personne ne dorme, passant le temps en se contant des histoires anciennes.
Et en plus cette année ça tombe sur ma fête!
Vous voyez, on est ici car une des traditions lors de la nuit noire, c’est de partager des histoires mythiques sur la Terre Perdue de Cionalus.
C’est un endroit magique qui vole et j’ai vraiment vraiment envie de le découvrir mais chaque fois que je pose des questions personne n’a de réponses. On dirait que les adultes font exprès pour cacher l’information.
Chaque nuit noire, on a que des bribes, Cionalus ici, îles flottantes par là, seulement durant la nuit noire, au-dessus du lac de lave mais ça vient pas avec des détails, et ça termine toujours en queue de poisson. Et c’est pour ça que cette Nuit Noire comptait plus que toutes les autres, entendre ce que racontent les Arkas d'autres régions que Skeldar.
Nous sortons dans la cour arrière, qui dit nuit sans étoiles dit grand feu en groupe. Chacun se prend une place et les histoires commencent. Je n’avais encore jamais entendu celle à propos d’une souris vivant à Sporaka rencontrant une souris vivant à Thalria. Puis enfin quelqu’un commence:
Chez nous, on disait qu’il y avait des nuits où le ciel arrêtait de montrer le chemin.
Pas d’étoiles.
Pas de lune pour s’orienter.
Juste un calme étrange, comme si le monde retenait son souffle.
Dans ma famille, on racontait que ma grand-mère l’avait vue.
Elle gardait les filets près de la falaise, cette nuit-là.
Le vent s’est tu d’un coup, et quand elle a levé les yeux…
Pas une île.
Pas vraiment.
Des terres suspendues, haut dans le ciel.
Comme si elles n’avaient jamais appris à tomber.
On disait qu’il y avait des lumières.
Et comme des voix, pas proches, pas claires.
Pas des appels.
Juste… la preuve que quelque chose vivait là-haut.
– Hé, attends un peu!
Quelqu’un près du feu secoue la tête.
– J’ai connu ta grand-mère toute sa vie et je te jure qu’elle n’a jamais raconté ça.
Le conteur hausse les épaules.
– Peut-être.
Peut-être que c’était la grand-mère de quelqu’un d’autre.
Ou peut-être que l’histoire a voyagé plus que le nom.
Ce que je sais, c’est qu’au matin, il n’y avait plus rien.
Pas de trace.
Pas de changement dans la mer.
Juste la certitude que ce qu’on avait vu n’était pas là pour rester.
Certains appelaient ça Cionalus.
Mais personne ne l’a jamais vue deux fois. »
Bingo! Enfin, une vraie histoire à propos de Cionalus, une qui prouvait que j’avais eu raison de douter. Mais quelque chose clochait! Dans notre version, Cionalus apparaît au-dessus du grand lac de lave, pas près d’une falaise je ne sais où.
– Et d’où venez-vous, brave conteur? Où se trouvait cette falaise? demandai-je avec intérêt
– Je viens de Sporaka, dit l’Arka Nephelina qui avait raconté la légende, mais je ne vois pas en quoi ça vous aidera.
– Et bien sachez, mon bon monsieur, que je serai la première à retrouver Cionalus, je dois bien collecter le plus d’informations possible!
La foule attroupée autour du feu éclata de rire tout d’un coup. Je sentis la chaleur me monter aux joues. J’avais l’impression d’avoir compté la blague la plus drôle du concours de blague annuel de Prandynil. Et pourtant, je n’étais on ne peut plus sérieuse! Les mythes ne concordaient pas et j'étais bien décidée à comprendre pourquoi!